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Sabbe sankhârâ aniccâ Tous
les composés sont impermanents Sabbe sankhârâ dukkhâ Tous
les composés sont douloureux Sabbe dhammâ anattâ Toutes
les choses sont sans soi "j'ai découvert une vérité profonde, difficile à
percevoir. Elle emplit le cœur de paix, elle est sublime et surpasse toute pensée,
mais elle est obscure et le sage peut seul la saisir. Dans le tourbillon du monde
s'agite l'humanité. Dans le tourbillon du monde elle a son séjour et trouve
son plaisir. Pour l'humanité, ce sera une
chose difficile à saisir que l'enchaînement des causes et des effets, et ce
sera une chose encore plus difficile à comprendre que l'entrée dans le repos
de tous les sankhara, le détachement des choses de la terre, l'extinction des
passions, le Nibbana." Avant de rentrer dans le vif du sujet, il me semble qu'un petit préambule
soit nécessaire pour une meilleure compréhension de ce qui va suivre. On
peut adhérer au principe de non violence, de sagesse, d'introspection ... de
l'enseignement du Bouddha, mais il est peut être difficile pour certain
d'accepter les théories de l'impermanence, de l'absence de soi ou
des renaissances . Cela est naturel, et sans explication
"rationnelle" de ces phénomènes naturels il est difficile d'en appréhender
les principes . Le Bouddha savait que les hommes comprendrait difficilement la
subtilité de son enseignement, et c’est pour cette raison qu’il hésita
avant de mettre en route la roue du Dhamma. Mai après un court moment de doute,
c’est avec une infinie compassion qu’il décida de dispenser
l’enseignement toute sa vie durant. Le Dhamma est la loi de la nature, de la nature apparente, mais
surtout de la nature la plus subtile, invisible, imperceptible
par nos sens et qui conditionne toute choses. Cette loi est simple et
complexe, profonde et subtile à la fois.
L’un de ces principes
fondateur est la loi du « NON SOI » Anatta. La
notion d'anatta (non soi) est à la fois l'une des plus subtile et l'une des
plus fondamentale de l’enseignement du Bouddha.
La notion d’Anattâ concerne
les idées de "soi", "moi", d' "être" et de
"principe éternel". Pour Siddhârta, ces principes ne sont qu’une
illusion engendrée par la perception partielle de la réalité intrinsèque de
la nature. Notre
perception des choses telle que nous les voyons, est très grossière, nous ne
voyons que ce que nos cinq sens veulent bien nous permettre de voir ; notre
discernement n’est que partiel et de ce fait notre compréhension
aussi. Notre
système de pensée nous inculque depuis toujours que l’on doit acquérir
(argent, biens, situation,…) pour être reconnu socialement et être heureux
dans notre vie quotidienne. On
sait que ce système ne marche pas, parce que cette vision matérialiste ne peut
être que transitoire et éphémère, donc source de souffrance. La notion de moi est une
illusion. Il n'y a pas de prise possible de moi-même sur quoi que ce soit qui
puisse durer ou se maintenir tel quel dans le temps et par delà le temps et la
mort. Les prolongements de cette illusion d'une appropriation à soi-même de
biens, de choses, de personnes, que se soit sous la forme de l'attachement, de
l'envie, de la possession matérielle ou de l'idéologie (mon, ma mes, le mien,
mien, miens, à moi, ... ) sont non seulement parfaitement illusoires, mais sont
aussi la principale source de tous les conflits, depuis l'altercation bénigne
jusqu'aux conflits les plus graves. La communauté scientifique a démontré depuis quelques décennies
qu’avec les découvertes de la physique moderne,
atomique et subatomique que cette théorie est
non seulement recevable mais qu’elle est avérée. Ces découvertes ont entraîné une véritable révolution
dans le domaine scientifique mais également d'ordre intellectuel, culturel et même
spirituel. Selon
le modèle standard que propose la physique moderne, la théorie de la relativité,
celle des quanta et les autres qui en découlent, l'univers apparaît
comme un tout unifié, organique, holistique; comme un processus dont tous les
facteurs sont reliées entre eux, en interaction.
Cette
même physique a démontré que cette interdépendance des éléments systèmes
entre eux, et de chaque élément par rapport à l'ensemble, est vrai non
seulement des organismes vivants mais aussi de ce que nous appelons la matière.
Demandez à un physicien de quoi est composée la nature de toute
choses. Il vous dira qu'à la source de l'existence de toute chose existent
seulement quatre forces de base : la gravité, une forte interaction, une faible
interaction, et de l'électromagnétisme. La gravité est ce qui nous
maintient sur le sol, qui fait bouger les planètes et les maintient toutes ensembles.
La forte interaction maintient l'unité du noyau d'un atome. La faible
interaction est une force responsable de la transmutation des éléments et de
l'altération radioactive. Enfin, l'électromagnétisme est ce que nous expérimentons
sous forme de lumière, chaleur et électricité. Demandez à un
scientifique : « Y a t’il quelque chose d’autre ? » et il vous il dira:
« Non, il n'y a rien d'autre. Tout ce qui existe hors d'ici est constitué par
ces forces. » Et même, à l'extrême, ces forces proviennent d'une force unifiée
que les scientifiques appellent aujourd'hui le Champ Unifié. Et toutes les
choses qui sont là, les étoiles, les galaxies, les fleurs, les êtres humains,
tout ce qui existe correspond à ces forces de la nature.
En résumé, nous sommes
constitué d’atomes eux même constitués de particules élémentaires, qui ne
sont constituées que …de vide, de vibration, d’énergie ondulatoire. Nous
sommes devant une réalité scientifique, et cependant refusons d’en accepter
les conséquences. Nous ne sommes qu’un amas d’énergie. Rien
sur cette terre, et dans l'univers, dans le microcosme ou le macrocosme n'est
solide, permanent, immuable, éternel. Il y a 2500 ans le Bouddha a découvert
cette vérité, non pas intellectuellement, mais en l'expérimentant sur lui même;
ces particules élémentaires il les nommait attha
kalàpà. Il a découvert que ces particules étaient composées des 4
éléments fondamentaux (Maha-bhutani) constituant toute matière, et qu'elles avaient la faculté d'apparaître
et de disparaître plusieurs milliards de fois par seconde. Il venait de découvrir dans le cadre de son corps et son
esprit que la matière telle que nous la percevons n'existe pas. Le concept de "l'insubstancialité"
donc de « non soi », était alors né. Nous devons alors considérer que le corps et psyché ne sont en
fait qu’une succession de moments variant sans cesse et à une vitesse inouïe
donnants l’illusion de solidité. Cependant, nous sommes bien la,
solide, raisonnant, et vivant… Oui et Non, la réalité est plus subtile. Nous sommes pareil à
cette rivière dans laquelle on vient se baigner. Aussi faible que soit le flux
ininterrompu de l’eau qui s écoule à chaque instant, ce n’est jamais
dans la même rivière que l’on se baigne, ce n’est jamais la même eau qui
nous rafraîchit. De la même façon, devons nous
considérer que nous sommes la même personne depuis notre naissance et 3 ans
après ? Oui et Non. Oui parce que nous
sommes conventionnellement la même entité physique, et non, parce que plus une
cellule qui composaient le corps de
cet enfant n’est présente dans le corps de cet enfant de 3 ans. Se sont de
nouvelles cellules qui se régénèrent et qui donne l’illusion de cette
continuité. A chaque instant de notre vie
nos cellules meurent et d’autres naissent et ce, jusqu’à l’instant ultime
tant redouté par le monde occidental, la mort. Et pourtant, La mort fait
partie de cette continuité, la vie et la mort ne font qu’un. De la même façon
que la nuit est nécessaire pour que puisse poindre le jour. Les deux sont
interdépendants, l’un ne peut exister sans l’autre. Bref instant de répit, juste
le temps pour nous de prendre une nouvelle direction déterminée par notre
patrimoine d’actions passées.
Avec cette nouvelle compréhension, il est beaucoup plus facile
d’imaginer qu’après notre mort, une partie de l’énergie qui nous compose
migrera vers une autre source d’énergie hôte basée sur la loi de la
causalité et produire ainsi l’incarnation suivante. C’est à cet instant que
notre patrimoine énergétique sera naturellement accueilli par une source énergétique
qui aura des caractéristiques similaires. Il n’y a la aucune croyance
en une quelconque divinité, aucune obligation d’adhésion à une religion ou
organisation religieuse. Simplement une loi naturelle.
Celle qui nous rend responsables de nos actes à chaque instant de notre vie, à
chaque inspiration à chaque expiration. Chaque geste, mot, pensée compte, et même
si des situations nous sembles injustes, elles ne sont que le fruit d’actions
passées connues ou inconnues. Aucune action, quelle
soit physique, mentale ou verbale ne se produit d’elle même, elle est générée
par une cause qui à son tour produira un effet. Cet effet à son tour produira
une cause et un autre effet… Certains
appelleront cela le destin, le Karma, la chance, la malchance, coïncidence,
fatalité… La loi des causes et effets est
lourde de conséquence et pèse en permanence sur tous nos actes et trace notre
chemin de vie. Cela ne veut pas dire que tout
est irrémédiable, nous pouvons influer sur le cours des choses en agissant et
non pas en réagissant. (voir
Méditation) Un
autre grand principe fondateur issu directement de l’immatérialité de toute
chose est L’ IMPERMANENCE. "Tout ce qui est susceptible de devenir est susceptible
de disparaître
". C’est
le constat de départ de l’enseignement du Bouddha, tout ce qui a un
commencement aura nécessairement une fin. Les êtres et les choses sont soumis
à cette même loi universelle. C’est de ce constat qu’il énonça les
fameuses 4 VÉRITÉS. L'attachement aux biens matériels, à notre image, aux idées, aux
êtres, aux émotions, aux sensations, ne peut qu’induire insatisfaction et
souffrance. Les êtres et les choses auxquels nous nous attachons nous échappent
irrémédiablement, c’est une loi immuable, et ne pouvons rien y changer . Les
situations auxquelles nous ne souhaitons pas être confrontées se produisent et
nous n'y pouvons rien. Cette constatation ne peut induire qu'insatisfaction et
souffrance (dukkha) ; c’est la 1ere
vérité Cette souffrance trouve son origine dans l'ignorance (Moha) .
Ignorance de la nature des choses, (Paticca samuppada) de
la réalité dissimulée sous des apparences trompeuses du visible, de ce fait
nous désirons et nous attachons à ce qui par essence doit disparaître ; 2eme
vérité Il existe une voie pour combattre cette ignorance en accédant à
une connaissance permettant de comprendre les mécanismes qui nous régissent ;
3eme
vérité Cette voie ne nomme « l’octuple noble sentier »
et en la pratiquant avec patience et détermination, nous accéderons à la
connaissance discriminatoire qui permet de voir les choses telles qu’elles
sont, et donc à la cessation de la souffrance ; c’est la 4eme
vérité.
L'octuple noble sentier est la voie qui mène à la cessation de la
souffrance inhérente à la vie humaine. Il se compose de trois parties
indissociables .
I Pañña ; la sagesse 1.
La compréhension juste 2.
La pensée juste II
Sîla ;
la moralité 3.
La parole juste 4.
L'action juste 5.
Les moyens d'existence
justes III
Samadhi ; la concentration 6.
L'effort juste 7.
L'attention juste 8.
La concentration juste Le
terme de "juste" est employé ici comme adjectif synonyme d'équilibre,
efficace, droit, c'est encore ni trop, ni trop peu .la voie du milieu. 1 La compréhension juste ~ sammâ ditthi ~
Il
s'agit de la compréhension intrinsèque de la nature des choses, celle qui
transcende le « visible ». C’est la compréhension des quatre
nobles vérités. Elle fait l’objet des techniques de méditation Vipassana
voir : Méditation Vipassana 2 La pensée juste ~ sammâ sankappa ~
La
pensée juste est celle de la non violence, de la bienveillance, libre de désirs,
de mauvaises intentions, dénuée de négativité et totalement unie au sentier. 3 La parole juste ~ sammâ vâcâ ~
La
parole juste s’abstient de mensonge, de médisance, de mots durs, inutiles ou
vains, elle se montre modérée, douce, aimante, utile
Chacun a pu mesurer la portée de mots mal placés et pas nécessairement
malveillants et les conséquences de paroles non explicites, mal comprises, mal
énoncées. 4 L'action juste ~ sammâ kammanta ~
Différente
pour les laïques (donc pour nous) et chez les moines. Le laïque observera les
cinq préceptes suivants :
1)
S’abstenir de tuer tout être
vivant. 2)
S’abstenir de voler, ne pas
prendre ce qui n’est pas donné. 3)
S’abstenir de relations
sexuels illégitimes ( entendu l’infidélité, l’inceste, le viol…) 4)
S’abstenir de mensonge 5)
S’abstenir de d’absorber
des substances enivrantes (susceptibles de modifier notre état de conscience,
alcool, drogues,…) 5 Les moyens d'existence justes ~ sammâ âjiva ~
Éviter
tout ce qui peut nuire à autrui. Notre profession ne doit en aucune manière
contribuer de façon directe ou indirecte aux malheurs ou à la mort des êtres
vivants. ( commerce ou transactions d’armes, d’animaux, d’alcools ou
drogues, etc.) 6 L'effort juste ~ sammâ vâyâma ~
L'effort
juste, c'est l'idée d'un certain travail à accomplir sur soi pour mettre en
oeuvre les sept autres voies vers la cessation de dukkhâ. Il ne s'agit pas de
s'anesthésier du monde ni de fusionner avec le monde, mais bien d'être soi-même. 7 L'attention juste ~ sammâ sati ~
C’
est la parfaite présence de l’esprit à lui-même, aux formations mentales,
aux sensations sur le corps . Avec l'attention juste et la concentration
juste on pénètre dans un champ sémantique qui fait référence à la pratique
de la méditation. L'attention juste c'est précisément de ne pas se faire
absorber par ce qui vient du monde extérieur, de ne pas se faire ébranler ou
heurter par ce qui vient du monde extérieur, mais simplement de noter que ce
qui est extérieur quoi qu'il soit est justement définitivement et résolument
extérieur. 8 La concentration juste ~ sammâ Samâdhi ~
La
concentration juste renvoie à une technique
de méditation particulière qui tend à mettre en application les
quatre nobles vérités et l'octuple noble sentier au travers d'une connaissance
rigoureuse des mécanismes percepto-sensitifs et cognitifs et qui vise à la
sortie de l'enchaînement des causes et des effets. Sîla , Samadhi, Pañña, tel
est le Noble Octuple Sentier.
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